Test Zipp 1080

Cette semaine, nous avons la chance de tester une des roues les plus impressionnante, tant visuellement que sur la route.

En statique :
Quand on sort la 1080 de sa housse, la hauteur de la jante impressionne immédiatement. C’est 108mm de carbone que nous admirons. Imaginez, plus du double de la légendaire Lightweight…

Bien entendu, la jante adopte la structure « balle de golf » typique des jantes Zipp profilées depuis 2004, année durant laquelle la 404 a reçu la première cette toison. De forme bombée: 27,5mm de largeur, la jante est conçue pour plaquer au maximum le flux d’air à la jante et donc limiter les turbulences.

La paire utilise les moyeux 88/188 dernière génération, qui équipent la gamme du constructeur d’Indianapolis depuis 2009. Avec respectivement 88 et 188g, des flasques larges qui intègrent les têtes de rayons, et des roulements d’une fluidité à tout épreuve, ce moyeu dispose aussi d’une possibilité de réglage de la précontrainte ce qui accroît la durée de vie des roulements et la douceur du moyeu si elle bien réglée.

Ces nouveaux moyeux 88/188 remplacent avec brio les précédentes versions qui étaient le point faible des roues Zipp. Le poids engendré par le prolongateurs de valve suffit à faire tourner la roue, signe de la fluidité du système et de l’inertie de la jante.

Le rayonnage est ce qu’il y a de plus classique. 16 rayons belges Sapim CX-Ray en radial à l’avant et 20 à l’arrière radial coté K7 et croisé par 2 coté opposé. Ce type de rayonnage arrière est devenu classique au fil des années, il était apparu sur les Mavic Ksyrium en 2002, puis sur les roues Shimano, il s’oppose aux rayonnages croisés côté roue libre pour un gain de rigidité latérale. En effet, sortant directement du moyeu vers la jante, les rayons prennent moins d’espacement que deux rayons croisés. Le transfert du couple est alors effectué du côté opposé à la roue libre via un corps de moyeu très rigide en torsion.
Sur ces 1080 taillées pour l’aérodynamisme, les écrous sont malheureusement externes. Dommage pour une roue dédiée à l’aérodynamisme…

Les raisons sont purement d’ordre technique. Si les écrous étaient internes, il ne serait pas possible d’y accéder sainement, avec la clé de réglage, sans contraindre la jante. En effet le parapluie important du rayonnage (espacement entre les moyeux) force l’écrou à prendre un angle important par rapport à l’axe du perçage de la jante.

Avec une jante à plus de 600g et une poids total de plus de 1700g, la 1080 n’a qu’un seul objectif : la vitesse. Qu’en est-il réellement sur la route ?

Sur la route :

Les roues sont montées avec des boyaux Vittoria Corsa CX 21mm, une K7 Shimano Dura-ace et des Blocages FRM titane.

Sur le vélo, après un réglage des étriers de freins obligatoire car la jante fait 27,5mm de largeur, la 1080 donnera une allure d’avion de chasse à n’importe quel vélo. De quoi bien motiver le pilote ! Les premiers mètres mettent immédiatement dans le bain. Je ne suis qu’à 20km/h mais la résonance de la jante creuse donne à chaque tour de pédale un air de post-combustion.

Quelques kilomètres plus tard, la vitesse a sensiblement augmenté mais la facilité est toujours la même. L’inertie est élevée mais la grosse rigidité permet des relances assez rapides. Évidemment, ces roues ne sont pas faites pour des gros changement de rythme ou encore pire, la montagne mais elles conviendront parfaitement à une utilisation CLM. La grosse inquiétude que peut provoquer cette roue au vue de sa jante est la prise au vent. Les premiers jours de test se sont déroulés avec un vent inférieur à 15km/h. La prise au vent est forte, certes, mais contrôlable. Avec une bonne poigne et une attention particulière lors de croisement de gros véhicules, pas de soucis particulier. Avec plus de vent, il faudra réfléchir à deux fois avant de sortir ces roues. Les rafales latérales sont un peu surprenantes les premières fois. On a vite fait un écart de 50cm… Une jante avant plus « sage » type 808, sera certainement plus sécurisante pour le commun des mortels.

En résumé, encore un produit très abouti de la part de Zipp. Une roue qui peut faire peur au premier regard mais qui s’avère domptable par beaucoup d’entre nous. L’utilisation est assez restreinte mais les sensations de facilité et de vitesse sont décuplées.

 
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3 réponses à Test Zipp 1080

  1. julien dit :

    Un fait est que l’aérodynamisme est prépondérant à l’avant du vélo. Alors pourquoi systématiquement préconiser une jante de profil moins haut à l’avant qu’à l’arrière?

    La réponse est l’esthétique global du vélo. Il faudrait alors envisager des dessins de cadres novateurs, intégrant une roue très profilée à l’avant et moins à l’arrière. Un cadre aux tubes plus larges à l’avant du triangle, tel un canyon F10 (dont le tube diagonal est plus large au niveau du pivot de fourche qu’au niveau du boitier de pédalier) pourrait servir de base de départ de ce concept.

    • MAS dit :

      Je suis assez d’accord avec cette remarque… Je me suis longtemps demandé pourquoi mettre des roues profilées à l’arrière des vélos en dehors des CLM… J’ai testé la combinaison Neutron Ultra arrière/Shamal Ultra avant dans une cyclo de montagne (il y a toujours un peu de plaine à un moment ou à un autre) et il me semble que l’on gagne sur la moyenne par rapport à 2 Neutrons ou a fortiori deux Shamal. Idéalement, il aurait fallu refaire la même cyclo avec différentes combinaisons… Je serais curieux de connaitre d’autres avis.

  2. Eric dit :

    Elles sont superbe, jaimerais bien rouler avec……………c juste une question de prix!!!!!!lol

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