Parlee, le sur-mesure « made in USA » (fr|en)

Petit constructeur du Massachusetts, la marque Parlee, de son créateur Bob Parlee, voit le jour dans les années 2000.Apportant au vélo de route une conception 100% fait-main aux USA, la marque se lance sur le créneau de la fiabilité, de la finition et de la customisation.
Pour cela, pas de design extravagant ou de cadre aux formes tarabiscotées, le 1er venu, le Z1 est un cadre a raccords et à géométrie droite dont la cuvette de direction est externe. Du pure classicisme aussi intemporel qu’un requiem de Mozart.

Cadre Parlee Z1

Cadre Parlee Z1 - Raccord de tube

Cadre Parlee Z1 - Boitier

Cadre Parlee Z1 - Pattes titane

Avec ces 15 tailles: de 48 a 62cm (oui, oui) et la possibilité de sur mesure pour les côtes ainsi que pour la rigidité des tubes, le Z1 devrait pouvoir aller à tout habitant de la galaxie…
La gamme s’étoffe d’année en année avec le Z2: un Z1 plus musclé pour les compétiteurs, le Z3 et Z4, et se modernise en proposant depuis 2009 un full monocoque: le Z5.
Avec l’arrivée du monocoque, le sur-mesure pour la géométrie disparaît, mais les tailles bien pensées, avec pour chacune 2 hauteurs de douilles de direction, comblent les vides laissés.

Parlee Z1 sur Lew Racing Pro VT1

J’opte pour le Z1 en finition nude edched à l’esthétique sublime. Après 45 jours a faire des croix sur le mur (et oui le cadre, ils le fabrique l’assemble le ponce…), voila enfin mon gros colis estampillé Parlee.

Parlee Z1 sur Lew Racing Pro VT1

1ere surprise, le poids du cadre. Qui a dit qu’un cadre à raccord fait main était lourd? Sans les cuvettes, et construit pour mes 64 kg, le cadre affiche moins de 870 gr sur la balance. Couplé a une fourche produite par Enve Composites pesant 270gr, on est dans le très léger.
Autre petite chose, j’ai opté pour un boîtier BB30, un peut de modernité tout de même!

Les reflets dans la fibre de carbone

Avec tout ça, un Parlee Z1 sur la route ça donne quoi?

Roulant sur un Addict, la comparaison va être rude pour le Z1. Ce n’est pas sans appréhension et peur de la déception que j’enfourche mon nouveau destrier.
La 1er constatation c’est qu’en fin j’ai un cadre à ma taille. Ma position est naturelle, parfaite rien que pour ça le jeu en vaut la chandelle, 5000 euros le kit cadre…

Le Z1 apporte un vrai confort sur la route, même sur les routes ingrate des Cévennes qui parfois se rapproche de la taule ondulé. La roue arrière garde toujours le contact au sol et ce comportement apporte énormément de stabilité.
Pour les anxieux de la descente de col c’est un vrai bonheur, les fesses se desserrent, les bras se relâchent, vous vous mettez a siffler « a bicyclette y’avait… » pour finir par vous rendre compte que la seul chose qui empêche d’aller plus c’est le braquet 50×12.
Descendre c’est bien mais ce n’est pas forcement ce qu’on demande a un vélo de course, sur le plat le Z1 ne se révèle pas sur tous les rythmes de pédalage. Il faut trouver le bon et avoir un minimum de condition physique pour exploiter son potentiel. Pour ma part je le sens bien sur un pédalage légèrement en force où il me rend toute sa dynamique.

Fabrication sur-mesure

Les relances ne sont pas aussi tranchantes que celle d’un Addict, ce qui est logique vu le confort procuré: le triangle arrière sûrement plus souple s’écrase légèrement avant de bondir. La rigidité latérale quand à elle est bien présente, et la direction est rigide.
Les longues montées, après avoir appréhendé le comportement du vélo ne posent aucun souci. Équipé avec des roues adéquates, j’ai joué à lancer des sprints dans la montée du Ventoux à 30 km/h, et ai passé le dernier kilomètre à 25 km/h de moyenne, le Z1 a répondu présent. Le reste de la montée ayant au préalable été avalé à allure très douce. Il s’est fait complètement oublier, me laissant seul responsable d’une éventuelle défaillance physique.

Le pur compétiteur puissant risque de vite trouver les limites de ce vélo et devra se tourner vers un Z2 certes plus lourd mais sûrement plus réactif et rigide dans les relances. Les faiblards de la cane auront peut être du mal à l’apprivoiser et à s’en faire un allié sans reproche, alors pour qui le Z1?

Pour tous les autres, riches, passionnés, défenseurs et admirateurs du travail manuel bien fait, m’as tu vu, cultivateurs de différence, fans du rêve américain, ou pour ranger à coté de sa Harley Davidson, accrocher au mur du salon, pour ne pas dormir seul…je m’égare.

Pour ma part après plus de 5000 km en Z1 je ne suis pas près d’en changer et suis guéri de cette fâcheuse tendance que j’avais à baver devant les dernières nouveautés même le dernier né de chez AX ou Cervélo ne m’on pas secoué le marcel.
Malgré votre ordonnance salé un grand merci Docteur Bob!

 
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3 réponses à Parlee, le sur-mesure « made in USA »

  1. jerome dit :

    nous voila deux alors !
    ou 3 car sur mes deux Z1 un est effectivement encore dans salon !
    pour ma part c’est le must du must un cadre sans defaut ou presque et surtout un rendement exceptionnel avec c’est deux fois moins de fatigue musculaire qu’avec mes autres references Colnago EPS, Time RXR ou Specialized S-Works.

    le velo d’une vie anti – mode

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